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VOS RÉSOLUTIONS POUR 2017

Article développement personnel
Il est de bon ton de démarrer une nouvelle année avec des résolutions du type :  

« C’est sûr, cette fois, à partir du 1er janvier 2017, je me remets au sport, je vais appeler ma mamie au moins une fois par semaine, j’arrête de fumer, je vais apprendre le suédois, je vais faire de la méditation, j’arrête de faire des promesses quand je suis de bonne humeur, je vais débarrasser ma maison de tout ce qui ne sert à rien… enfin je vais plutôt démarrer le 2 parce que le 31 au soir, j’aurai fait la fête et que j’aurai besoin de récupérer ».

Mais nous connaissons tous la suite de l’histoire ! Ces résolutions seront très vite abandonnées avec sans doute à la clé de la culpabilité.

Abordons plutôt cette nouvelle année de façon différente. Et si nous envisagions cette nouvelle année comme un voyage en direction de nous même ?

Résolution qui peut être aussi vertigineuse que celle de partir à l’assaut de l’Himalaya à laquelle j’avais pensé en commençant à rédiger cet article.

Nouvelle année = nouvel espace

Pour les voyageurs de la vie que nous sommes, cette nouvelle année représente un nouvel espace dans lequel nous allons entrer.

Cette transition nous invite à imaginer ce nouvel espace un peu comme si nous entrions dans une nouvelle maison, ou comme si nous franchissions un nouveau palier dans notre aventure personnelle.

Il est donc naturel de nous y projeter et d’émettre des souhaits par rapport à ce que nous avons envie d’y vivre.

Pour nous, qui avons décidé de partir à la découverte de nous-même et avant de se lancer dans des résolutions, il est important de nous demander quel type d’explorateur voyageur nous sommes et dans quel état intérieur nous voyageons.

Il existe différents types d’explorateurs de la vie :

  • les intrépides (parfois trop optimistes) qui n’ont peur de rien et qui n’imaginent pas les contraintes ou l’échec,
  • les impulsifs qui ne réfléchissent pas avant d’agir,
  • les tranquilles/peinards qui ne ressentent pas le besoin d’explorer de nouveaux territoires,
  • les anxieux qui aimeraient bien mais qui n’osent pas et tous les autres bien sûr…

Nos résolutions peuvent en dire long sur notre profil : un intrépide trop optimiste va se lancer dans un tour du monde en vélo alors qu’un tranquille/peinard ne verra même pas la nécessité d’imaginer des résolutions.

Une fois que nous avons réfléchi à notre profil, demandons-nous dans quel état nous sommes actuellement et interrogeons-nous sur l’état de notre sac à dos avant de continuer notre voyage dans la nouvelle année.

Est-il plein à craquer d’obligations, de vieilles peurs, de fatigue ou est-il suffisamment léger pour nous permettre d’avancer vers un nouveau sommet ou une nouvelle destination ?

Il se peut aussi que nous manquions de l’équipement nécessaire pour envisager certaines destinations. Tentons de choisir le chemin et les résolutions qui nous conviendront par rapport à ce que nous sommes aujourd’hui.

Comment communiquons-nous avec nous même ?

La question des résolutions est éclairante sur la façon que nous avons de communiquer avec nous-même. Nous commençons souvent à nous les formuler par des « il faut que… ». Il est vrai que nous avons souvent raison de vouloir mettre en place ces résolutions. Arrêter de fumer est par exemple une question de bon sens que ce soit pour sa santé ou pour son entourage.

Mais le « il faut… » ne fonctionne que très rarement ou alors dans une telle difficulté que toutes les occasions seront bonnes pour replonger dans nos vieilles habitudes. Cette injonction « il faut… » nous vient de notre mental qui même s’il a parfois raison et que son intention est apparemment de nous protéger ne tient pas compte de notre être profond et de ses besoins (quand notre sac à dos est déjà trop plein, il n’est pas nécessaire d’y ajouter une résolution trop lourde !).

Il est en effet intéressant de se demander pourquoi nous avons mis en place une mauvaise habitude ou alors pourquoi nous n’avons pas démarré ou développé une activité qui semble nous tenir à cœur.

Il est d’ailleurs important également de se demander d’où elles viennent. Elles peuvent venir de notre entourage, de notre enfance ou alors d’une vision que nous aurions d’un être idéal que nous ne serons sans doute jamais. Donc qui est-ce qui parle quand le « il faut… » est prononcé : est-ce une facette de mon personnage qui veut me faire croire que je peux être parfait et que si je ne le suis pas encore c’est à cause de mon manque de volonté ou d’un manque de confiance en moi ?

Est-ce la répétition de ce que j’ai entendu enfant ? Ou encore la volonté de me conformer aux images que je reçois sans arrêt des magazines ou de la télévision ? Mais c’est peut-être aussi une partie de moi qui s’ennuie et qui a envie de partir à l’assaut de l’Himalaya.

Les « il faut… » contiennent dans leur formulation la culpabilité que nous ressentons déjà dans ce que nous voulons arrêter ou dans ce que nous n’avons pas encore eu l’énergie de commencer ou de développer.

Cette petite phrase contient une tension qui ne peut pas aller vers du mieux-être parce qu’elle exprime un manque de gentillesse envers soi-même et qu’elle suppose un effort contre-productif.

Vous vous êtes sans doute déjà dit les nuits d’insomnie « il faut que je dorme » : ça ne marche pas parce que rien que cette phrase nous tient éveillé, c’est un petit peu comme si l’on se disait « il faut que je sois spontané » : vous comprenez bien qu’en se disant ça, on a déjà perdu toute spontanéité.

  • Alors comment est-ce que je dialogue avec moi-même ?
  • Suis-je bienveillant ?
  • Comment est-ce que je me traite quand je fais une erreur ?
  • Est-ce que je sais me chouchouter ?
  • Et comment est-ce que je gère mon sac à dos ?

Je vous propose ensuite d’examiner vos projets de résolution en vous demandant à quels besoins profonds ils répondent. A quel besoin correspond par exemple mon projet d’apprendre le suédois ? Est-ce que c’est mon égo qui en ressent le besoin ? Est-ce que j’ai tout simplement envie de pouvoir me débrouiller parce que j’ai envie d’un weekend end à Stockholm ou est-ce que c’est parce que je veux épater la jolie vendeuse suédoise du quartier ?

Réexaminer ses résolutions permet souvent, soit de les abandonner pour trouver une réponse plus adaptée à nos besoins, soit de les revoir à la baisse ou alors de mettre en place une vraie stratégie créative pour nous permettre de les réaliser parce qu’elles correspondent à un besoin profond.

De façon plus générale, je vous propose d’ailleurs de remplacer systématiquement « Il faut… » par « Je choisis de… » même si vous vous attaquez à quelque chose que vous n’avez pas envie de faire. Le « Je choisis de… » donne de la liberté et nous positionne de façon beaucoup plus juste. Il y a même mieux comme formulation : « je rêve de… » peut emmener beaucoup plus loin !

Être dans le présent !

Une résolution est aussi une façon de se projeter dans l’avenir de façon parfois irréaliste et il se peut que ce soit un moyen pour nous de ne pas vivre le présent. Je pense qu’une première étape avant de construire un projet d’avenir (une résolution en est bien un de projet d’avenir ?) est de s’ancrer dans le présent et surtout de l’aimer quel qu’il soit. Le passé n’existe plus et l’avenir pas encore alors pourquoi leur consacrer tant d’énergie.

Apprenons plutôt à apprécier ce qui se passe ici et maintenant parce que c’est là qu’est notre vie. Cette présence à soi et au présent est faite de respiration et aussi d’accueil des émotions qu’il est intéressant et parfois même amusant d’observer. « Tiens, j’ai envie de reprendre une cigarette, pourquoi ? Qu’est ce qui se passe en moi ? »

Et si j’en prends une, et bien c’est ok, je vais l’apprécier parce que c’est mon choix. Je verrai plus tard si j’ai répondu à mon besoin et si cette envie se représente. Aimer son présent et tout ce qui fait notre vie aujourd’hui est une condition essentielle à notre bien être quelle que soit la situation. Aimer son présent permet aussi de s’inscrire dans un processus de changement qui va forcément se mettre en place parce que nous sommes respectueux de nous-même.

C’est dans un présent apaisé également que peuvent naître les intuitions et des débuts de mouvement qui vont nous emmener vers du mieux-être ou des destinations que nous n’imaginions même pas !

Faire preuve de créativité

Mais alors me direz-vous « il est quand même important que j’arrête de fumer » ou que je démarre ce projet qui me tient tant à cœur.

Oui bien sûr mais maintenant qu’on s’est accepté en train de fumer et qu’on a examiné notre projet en termes de besoin profond, on va pouvoir faire preuve de créativité et s’amuser. Il est important de souligner d’abord qu’une résolution trop ambitieuse ne fonctionne que très rarement (même jamais d’ailleurs).

Comment imaginer, alors qu’on est déjà complètement surbooké qu’on va se mettre à faire 2 heures de sport tous les jours ? Il est largement préférable de s’en tenir à des petites résolutions sous forme de petits projets ponctuels et légers plutôt que d’imaginer des projets sur une année voire une vie entière !

C’est difficile de caser des cours de suédois dans mon emploi du temps mais je peux par exemple planifier un weekend end en Suède avec un ami ou une amie (pourquoi ne pas inviter la jolie vendeuse ?) parce que c’est surtout ça qui me fait plaisir.

Je ne vais pas m’inscrire dans une salle de sport à l’année (il y a une stratégie complètement improductive qui consiste à s’engager financièrement sur une longue période en comptant sur la culpabilité de perdre de l’argent comme source de motivation) mais je vais plutôt décider de me rendre à mon travail à pied en choisissant un trajet qui me fait plaisir.

Et peut-être aurais-je, parce que j’ai pris plaisir à entendre le suédois ou à marcher tous les matins, l’envie d’organiser autre chose dans cette direction-là, toujours en restant léger et en me faisant plaisir. Pour ce qui est des habitudes « nocives », une stratégie s’impose.

Un célèbre psychiatre propose d’accentuer l’habitude jusqu’à s’en dégouter, pourquoi pas ? Mais on peut aussi s’amuser : je ne fumerai qu’en présence de telle personne (si on ne la voit pas souvent, ça sera peut-être difficile ou alors très efficace) ou alors je vais coller des inscriptions sur mon paquet de cigarette du type « T’en as vraiment besoin ? », « Qu’est-ce que tu pourrais faire à la place ? ».

C’est peut-être aussi l’occasion de planifier ce marathon qu’on rêve de courir et qui nous motivera suffisamment pour arrêter au moins temporairement. Laissez votre enfant intérieur s’occuper de la question et en rire : vous allez voir, il a plein de bonnes idées !

On peut par exemple inviter les copains à vider sa maison et se dire que ce sera terminé au premier jour du printemps, d’ailleurs on fêtera ça dignement et on pourra danser dans ce bel espace retrouvé ! De trop gros changements ne fonctionnent que très rarement, planifiez plutôt de petites choses ou changez de petits éléments en périphérie, ça peut tout changer parce que vous allez changer d’angle de vision.

Bon alors, en résumé, qu’est-ce qu’on fait ?

Je serais assez tenté de dire « pas de résolution pour 2017 » parce que j’ai envie de vivre au présent, de voyager léger et de me laisser surprendre ! Mais tout cela me semble quand même terriblement raisonnable. J’aime bien quand même me projeter dans des utopies et imaginer des exploits personnels dans le voyage de l’année à venir parce que je suis un optimiste incurable (béat disent certains).

Alors je vais tenter un petit « Chiche que je vais faire ça ». Ça sera mon audace de l’année et je vais veiller à ce qu’elle soit faite de 100% de plaisir tout en me faisant sortir de ma zone de confort parce que c’est super important de rester un explorateur de sa vie. Et peut être également que nos résolutions ne sont finalement que des « brouillons », esquisses d’un futur possible que nous consignons dans un cahier imaginaire. Prenons plaisir à les rêver et autorisons-nous à les froisser pour s’en défaire sans culpabilité s’ils ne trouvent pas de place dans notre vie. A vous de voir !

Je vous souhaite en tout cas une très belle année 2017 avec un sac à dos de plus en plus léger et de belles découvertes (mais pas une année parfaite, ce serait terriblement ennuyeux).


Charles Caplette

Professeur en lyce professionnel et papa de trois enfants, Charles Caplette est l’auteur de “Chouette, c’est l’heure des devoirs” éd. Eyrolles

Retrouvez Charles Caplette sur son site www.charlescaplette.fr


Chouette, c'est l'heure des devoirs À Lire Le livre de Charles, « Chouette c’est l’heure des devoirs »

https://goo.gl/WXuLt5

 

 


À écouter les émissions de Charles sur le thème de son livre
Charles Caplette
Père de 3 enfants, professeur en lycée professionnel, je me définis comme un chercheur en pédagogie meilleure. Créatif infatigable, je suis l’auteur de Chouette c’est l’heure des devoirs aux Editions Eyrolles. Je suis également (entre autres) le créateur d’une marque de bonbons scandinaves “Les Pilules de Merlin”…
http://www.charlescaplette.fr

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