L’énergie du changement – tout change en permanence

Tout change en permanence: nous, la nature, le monde autour de nous et il semblerait que ces changements s’opèreraient de plus en plus vite ! Il est difficile de leur résister et même en faisant beaucoup d’efforts pour ça.

Alors, essayons plutôt de suivre le mouvement et cette énergie en action !

Le cycle du changement :

Prenons l’exemple du projet d’habiter une maison : nous la rêvons, mettons tout en oeuvre pour l’obtenir, nous y sommes super heureux, nous faisons des travaux pour l’embellir et le dernier bibelot posé, il se peut que l’ennui commence à pointer et que nous nous surprenions à rêver d’une nouvelle aventure.

Le cycle du changement fonctionne un peu comme la nature :

au printemps d’un projet, d’une relation, d’un nouveau job, nous sommes pleins d’enthousiasme et d’énergie.

L’été, nous sommes dans la phase de maturité, nous récoltons les fruits de notre travail et de nos espoirsIl se peut même qu’à la fin de l’été notre charge s’alourdisse, tant nous avons été efficaces.

L’automne arrive avec une  certaine routine et nous n’apprenons plus rien de nouveau. D’ailleurs, il est assez intéressant d’observer que si nous ne percevons pas forcément des signes d’ennui, la vie va venir égratigner notre confort estival.

Et puis nous abandonnons l’objet de notre enthousiasme avec l’arrivée de l’hiver, période qui peut nous paraître difficile avec le regret de ne plus être en été mais si nous y sommes un peu attentifs, au plus profond de nous-même commencent alors  à germer des envies de nouvelles aventures qui vont nous permettre de nous sentir tellement vivants au printemps suivant !

J’ai, par exemple, toujours adoré déménager. J’ai déménagé plus d’une vingtaine de fois. Et pour moi, l’un des exemples les plus parlant de cette expérience du changement a été notre maison familiale où sont nés nos enfants dans le sud de la France. Quel bonheur, le jour où nous l’avons trouvée !

Je me souviens avoir dit vouloir y rester jusqu’à la fin de mes jours. Nous l’avons aménagée à notre goût, ajouté une pièce, fait divers travaux et tout était parfait pour nous.

Et puis, 15 ans plus tard, la voisine a coupé les oliviers sauvages qui formaient une haie d’honneur à notre jardin et ce jour-là j’ai connecté avec mon envie de bouger. Ça n’a pas été facile, personne n’a compris. Mais pourquoi, alors qu’on y était aussi bien ? Pour aller où ? Et financièrement ce n’était sûrement pas un bon plan.

J’ai tenu bon et nous avons vendu la maison pour partir dans une aventure plutôt mouvementée mais faite de beaucoup de plaisirs : la location d’une maison (version maison de”Fifi Brindaccier”) avec un jardin sauvage merveilleux en pleine ville d’ Aix en Provence.

Mes adolescents l’ont adoré pour la liberté de mouvement qu’elle leur permettait. Dans cette vieille maison un peu branlante, je me suis senti en vacances et j’ai également connecté avec mon goût pour le non-définitif.

Quand elle a commencé à prendre l’eau, j’ai senti de nouveau le souffle du changement et nous voilà aujourd’hui en Corse embarqués dans une nouvelle aventure (et pas des moindres) dans un vieil immeuble  plutôt rock’n roll du centre ancien qui donne sur le port.

Ces cycles du changement ne vont bien sûr pas toujours aussi vite que les saisons mais il est important de les repérer. Le changement touche tout et tout le monde.

Rester éternellement au printemps ou en été est rarement possible même si nous le souhaitons de toutes nos forces. A partir d’un certain moment, nous sommes davantage dans du confort et de la sécurité que dans notre besoin profond d’être vivant. Ce qui est confortable et ce pourquoi on a fait tellement d’efforts peut devenir terriblement frustrant. On est en quelque sorte devenus des “experts” et comme le dit Michel Maffesoli “Toute spécialisation est mortifère” !

L’être humain a besoin d’aventure, de découvrir de nouveaux territoires, de repartir à zéro, de rebondir et de tester ses capacités d’aventurier de la vie.

Énergie du changement
Énergie du changement

Si le changement est inéluctable, autant développer les compétences qui permettent de mieux le gérer.

Pour vivre au mieux les aventures du changement, il est bon d’avoir quelques outils dans sa boîte :

Une bonne connaissance de soi (ce n’est pas toujours simple) pour repérer  ce qui nous fait vibrer positivement et repérer également quand une situation ne nous vitalise plus.

Être en forme. Ça, vous le savez déjà, il vaut mieux prendre soin de soi pour avancer vite et mieux. Être en forme permet aussi à notre intuition de mieux nous exprimer.

De la curiosité pour ne pas se limiter à des choix trop restreints quand des changements s’annoncent : oui, on a toujours le choix et quand deux options se présentent, tentons d’en imaginer au moins cinq nouvelles même si elles nous paraissent irréalistes ou utopiques . L’utopie est en effet très importante parce qu’elle nous permet d’éveiller chez nous des sensations de plaisir, indicateurs précieux de ce qui nous fait du bien.

Une vraie volonté de débarrasser nos placards et notre vie de tout ce qui ne nous apporte plus de satisfaction et nous encombre (volonté qui va vite se transformer en plaisir), ce qui signifie de ne pas rester attaché à un passé (qui par définition n’existe plus) pour vivre le présent et s’engager dans l’avenir (qui lui a quand même plus de chances d’exister que le passé).

De la souplesse ! J’avais construit une bonne partie de ma vie, en l’ imaginant comme un jeu de construction, et que plus je ferais d’efforts, plus ma vie allait être belle et plus j’allais pouvoir poser de nouveaux cubes à ma réalisation. Et bien non, cela ne marche pas comme ça !

La vie est une aventure et ce n’est pas parce qu’on a construit toute la sécurité possible qu’on échappe aux tempêtes. Et les tempêtes ça destabilise ! Parfois de façon très intense. Et c’est là qu’il s’agit de rester souple : s’accorder un temps pour s’apitoyer sur son sort (à vous de voir de combien de temps vous avez besoin) et puis chercher le cadeau que la tempête a apporté , cadeau qui est souvent lié à de nouvelles découvertes que nous  allons faire.

La souplesse permet également d’abandonner les objectifs à dix ou vingt ans (ils peuvent être intéressants mais ils sont aussi souvent piégeants ) pour se concentrer juste sur le prochain pas. La souplesse nous permet de fermer des portes pour en ouvrir de nouvelles plus fréquemment, avec de moins en moins de freins.

De l’optimisme: on ne connaît pas d’aventurier pessimiste ! Qui partirait à l’aventure en imaginant qu’il ne vivra que des catastrophes? Être optimiste signifie s’attendre au meilleur sans pour autant nier qu’il y aura sûrement des passages difficiles.

Pour terminer avec cette liste des outils pour bien vivre les changements, j’ajouterai la gentillesse envers nous-mêmes. Tout ce que vous avez fait jusqu’à aujourd’hui était parfait et vous allez avancer en étant votre meilleur ami.

Prince charmant
Prince charmant

Le prince transformé en grenouille…

Eric Bern disait que nous naissions prince et que la vie nous transformait en grenouille.

Notre famille, notre éducation, la société… nous amènent souvent à endosser un rôle qui comme une armure nous permet de survivre ou de tenter de construire une image de nous acceptable (surtout aux yeux des autres d’ailleurs) et de mettre des pansements sur nos blessures d’enfant.

Mais il semblerait que la vie et ses changements nous ramènent sans cesse à ébranler cette armure pour nous inviter à retrouver notre état de prince et de princesse. Nous sommes souvent d’ailleurs nous-mêmes les metteurs en scène de ces situations perturbantes dont le cadeau est de nous ramener à l’essentiel.

Carl Gustav Jung, le célèbre psychanalyste, imagine notre âme qui serait sans cesse poussée par une pulsion de joie et de bonheur et qui ne se contenterait jamais de compromis. Vivons donc les changements comme des occasions de redevenir des princes et des princesses !

Oublions les objectifs que nous dicte notre mental et surtout notre égo. Ces objectifs que nous atteindrions en suivant les préceptes de tel ou tel livre de pensée positive. Intéressons-nous plutôt à ce qui nous fait vibrer profondément. Renforcer l’armure ou aller plus vers soi-même : voilà la question.

Je peux me dire que je veux une belle maison avec une piscine à la campagne et je peux effectivement l’obtenir. Mais si au fond de moi, je suis un nomade, et ce dont j’ai surtout besoin c’est de “provisoire”, de rencontres.

Ma maison pourra effectivement me rendre  heureux un moment mais ne nourrira pas mon âme.

La zone de confort :

Nous avons tous une zone de confort. Elle est faite de tout ce qui nous sécurise dans notre quotidien. Cette zone nous protège et elle est très importante. Mais la vie nous invite souvent, du moins de temps en temps à en sortir.

Pourquoi ? D’abord parce que le changement est inévitable, ensuite parce que nous avons tous un potentiel à développer.

Sortir en douceur de sa zone de confort permet d’augmenter sa mobilité intérieure et extérieure et de faire des découvertes sur soi.

Guy Corneau nous propose de préférer la créativité à la sécurité, voilà un bon mode opératoire ! La zone de confort s’est forcément construite dans le passé mais correspond-elle encore à notre présent ? Faire un pas pour en sortir peut être stimulant. Se mettre à faire de la musique, dessiner, déménager, changer son trajet quotidien, aborder de nouvelles personnes, acheter un magazine qu’on n’avait jamais feuilleté… nous permet d’oser rêver et de commencer à construire un avenir avec plus de respiration.

En fait, la zone de confort peut devenir très inconfortable mais nous avons parfois du mal à imaginer autre chose. Il peut même arriver que nous soyons dans un état de “sidération” à l’intérieur de cette zone. Là aussi, c’est la mobilité qui va nous aider : la mobilité de commencer à examiner cette zone de confort, de comprendre pourquoi nous l’avons choisie pour l’aimer. De cette acceptation et de cet amour de nous- même, viendront de nouveaux mouvements.

Sortir de sa zone de confort, provoque très souvent des moments de déséquilibre et ceci est un passage obligé car nous allons vers quelque chose que nous ne connaissons pas et qui a pourtant de très fortes chances de devenir magique.

En résumé

Tout change tout le temps. On arrive toujours à la période “automnale” de ce qui nous a enthousiasmé.

Là, on peut repérer les signes au fond de nous (mais aussi les signes extérieurs) qui nous indiquent qu’on va passer à autre chose et entrer dans une phase d’introspection et de repérage de l’étape suivante.

Les indicateurs de bonne direction sont : la joie de vivre, l’impatience, l’envie d’accélérer le pas et l’invitation à sortir de notre zone de confort.

Cette nouvelle direction ne sera peut être pas raisonnable mais être raisonnable n’est sûrement pas le programme le plus enthousiasmant ! Si la vie nous amène à entrer dans une phase de changement que nous ne souhaitions pas, il reste  la dernière solution de se chouchouter, d’être plein de gratitude pour tout ce qui a été positif, de repérer ce que le changement inattendu nous apporte et de se lancer dans une nouvelle aventure !

Parce qu’il n’est pas intéressant de rester assis au bord de la route à regretter le passé, à nous dire que nous sommes de pauvres petits maltraités par la vie. Les changements  nous apportent souvent le cadeau de réparer des choses au fond de nous, de laisser émerger des souffrances ou des tristesses cachées et d’avancer plus vrais et plus légers.

Dans un très bel article de janvier, Marie-Pier Charon (matinmagique.com), nous dit que “dans le flux de la vie toute régression est impossible” et que si de la noirceur vient à la surface, cela signifie qu’elle était déjà là… Tous ces cycles de changements nous proposent chaque fois de relaver notre linge pour avancer plus léger.

Une amie m’a rétorqué que ce que je disais du changement ne pouvait pas convenir quand nous vivions des drames dans notre vie.

Effectivement, nous pouvons être dramatiquement secoués en ayant un grand sentiment d’injustice. Mais qu’est-ce qui va nous faire avancer malgré tout ? C’est bien de soigner ses blessures et de continuer à faire confiance à la vie.

Quand on est complètement KO, la seule solution c’est de lentement s’en remettre et de regarder avec détermination devant nous.

 

Pour terminer, je vous offre une citation de Barefoot Doctor :

“Il est clair que pour moi, le but de ma présence sur cette planète est de m’amuser à partir de maintenant quoi qu’il advienne!”.

Amusons-nous avec l’énergie du changement et vive la vie qui nous invite à être de plus en plus vrais et entiers !  Au delà du plaisir de la mobilité, nous pourrions même y trouver une certaine permanence de nous-même dans le mouvement.

Dépoussiérons donc notre vie et notre quotidien, ouvrons grand les fenêtres et soyons prêts pour toutes les situations nouvelles qui se présenteront!

Charles Caplette

Père de 3 enfants, professeur en lycée professionnel, je me définis comme un chercheur en pédagogie meilleure.
Créatif infatigable, je suis l’auteur de Chouette c’est l’heure des devoirs aux Editions Eyrolles. Je suis également (entre autres) le créateur d’une marque de bonbons scandinaves “Les Pilules de Merlin”…

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